Se peut-il que tout le monde innove ?

Si on accepte l’idée que l’innovation est une chose rare et exceptionnelle qui génère un changement de paradigme au sein d’un secteur d’activité ou d’une société humaine… il me semble que cela fait des années que je n’en ai pas vu dans mon secteur qu’est le digital.

L’intelligence artificielle a été une innovation au XXe siècle. Il est entrée dans sa phase industrielle depuis quelques années et, à ce titre, bénéficie d’une importante charge d’amélioration itérative des pratiques exemplaires et de l’état de l’Art. Ce qui est très cool. Mais une amélioration itérative n’est pas une innovation.

La blockchain a constitué une innovation en apportant une réponse nouvelle à un problème ancien. Mais là encore, ce temps est passé. L’usage monétaire de la Blockchain par la stratégie de sécurisation qui a été privilégiée constitue désormais l’un des modèles les plus polluants que le secteur informatique ait jamais produit.

La voiture autonome semble vouloir allier les capacités de nuisance consolidées de la voiture et du secteur digital pour un bénéfice marginal final qui tient plus de la surveillance des flux (dans le meilleur des cas) que de l’extension critique des libertés individuelles.

Le passage des véhicules du pétrole à l’électrique déplace la limite des ressources à atteindre des hydrocarbures vers les métaux rares, la pollution de l’air vers la pollution des terres et des eaux après consommation, la vectorisation par voies stockées vers des gestions de flux, la pollution des terres lors de la production vers la pollution charbon, méga-barrages fluviaux voire le risque nucléaire.

D’une manière générale, la ruée annoncée vers le tout électrique ne va faire que surcharger la tension sur des centrales à charbon qui polluent l’air en Chine, et sur des centrales nucléaires en France que l’on sait construire, à peu près maintenir en état de marche dans des conditions normales. Les canicules de cet été nous ont permis d’avoir confirmation que l’on a dépassé depuis 15 ans les conditions normales documentées lors de leur construction. Et au surplus, alors que la date de péremption des premières est dépassée, on sait que l’on ne sait pas les démonter pour de vrai.

Plus je regarde autour de moi, plus je remarque l’impact négatif de ces innovations dont le rôle est le plus souvent de déplacer le problème. Le bénéfice net des innovations que l’on nous propose est rarement significatif. Et les impacts social, moral et environnemental ne semble (quasiment ?) jamais argumentés lors de leurs présentations.

  • Existe-t-il aujourd’hui une autre proposition que d’innover pour vivre plus longtemps dans un monde de plus en plus pollué, en étant mieux préparer pour se protéger des autres ?